Film de ski : VARIETY

11-Jan-2023Réalisation

Dans cet article, je vais vous présenter le premier film de ski que j’ai réalisé, intitulé VARIETY.

Vous découvrirez l’histoire de ce film, qui a participé à sa réalisation, ainsi que des informations sur les coulisses du tournage et les défis que j’ai dû affronter pendant la production. Je vous en dirai également plus sur notre cheminement pendant la post-production.

Enfin, vous pourrez suivre le lien disponible pour découvrir le film en VOD ainsi que la partie Freeride disponible sur Youtube.

Si vous êtes intéressé par mon travail sur VARIETY, cet article est fait pour vous!

Pour voir tout mes projets vidéos, rendez vous sur ma page video.

Synopsis

Yan VIALLET est un jeune Freerider de 20 ans qui aime la compétition, le ski et surtout la montagne. Aujourd’hui, Yan participe aux Freeride Qualifiers pour entrer sur le Freeride World Tour

Le 3 septembre 2021, il apprend la disparition de son ancien coach de ski alpin : Nicolas TRAPPIER. Un réel choc pour le jeune homme, qui, pour surmonter ces moments difficiles, décide de retourner à la base de son sport, le Ski alpin, avec une personne qui lui a beaucoup appris : Fabien RIGOLE. 

Puis, il va découvrir le ski de pente raide avec son père (Stéphane VIALLET) et Vivian BRUCHEZ, 2 personnes qui l’inspirent. Ce qui lui permettra de s’épanouir pleinement dans sa discipline favorite : le ski Freeride. 

C’est cette diversité de disciplines que Yan présente dans son premier film : VARIETY

La Genese du projet

Tout a commencé à la fin de l’été 2021, lorsque Yan m’a contacté pour savoir si j’étais intéressé pour réaliser son premier film de ski. Ayant déjà réalisé de nombreuses vidéos, mais jamais de films ou de documentaires, j’ai sauté sur l’occasion de participer à un premier projet de cette envergure.

Yan avait l’ambition de mettre en avant toutes les disciplines de ski qu’il pratique : le ski freeride, le ski de pente raide et le ski alpin. Ces pratiques l’ont aidé à devenir le skieur qu’il est aujourd’hui, et il souhaitait également rendre hommage à son ami et ancien coach de ski disparu pendant l’été.

Yan, qui a toujours pleins d’idées, m’a donc présenté trois idées à intégrer dans le film : 

  • le ski freeride dans les endroits où Yan a grandi, à Saint Gervais et Chamonix 
  • le ski alpin, avec l’idée d’un slalom parallèle de nuit
  • le ski de pente raide, avec une descente en compagnie de son père, Vivian Bruchez et Sébastien Montaz, des amis de longue date qui ont vu Yan grandir.

Et c’est ainsi que le projet VARIETY a débuté.

La production film de ski

La production du film de ski s’est déroulée en 8 journées, 6 sur les skis et 2 en interview.

Le Mont Joly

Nous avons réalisé trois sorties freeride avec Yan dans les domaines de Saint Gervais et des Contamines-Montjoie, près du Mont Joly. Yan a pu explorer différents couloirs durant ces sorties.

Cependant, étant seul en tant que cadreur, j’ai rencontré des difficultés pour produire du contenu varié, car il était difficile de gérer à la fois mon drone et ma caméra. Si nous avions été deux cadreurs, nous aurions pu obtenir des plans encore plus diversifiés.

Un skieur qui monte sur la montagne enneigé

Le slalom (de nuit)

Comme Saint Gervais est l’un des sponsors de Yan, nous avons eu la chance de bénéficier de la privatisation du stade éclairé du Bettex pendant deux heures après la fermeture des pistes, avec l’aide d’un pisteur et d’un perchman. Cela nous a permis de réaliser beaucoup plus de prises de vue.

Le soir de tournage, Yan et Fabien ont enchaîné les descentes sur le slalom, pendant que Kélian, Maxime et moi réalisions des images. Nous avions seulement deux heures pour travailler, donc il fallait être efficace. Heureusement, nous étions nombreux pour filmer tout cela. 

Ce fût une soirée intense, mais c’est probablement la partie du tournage pour laquelle nous avons eu le moins de problèmes.

L'équipe du slalom

Chamonix

La dernière partie du film de ski s’est déroulée à Chamonix, en compagnie de Ludovic Chauchaix, cadreur, et Stéphane Guigné, pilote de drone FPV. Nous avions prévu de suivre Yan pendant deux jours à l’Aiguille du Midi, accompagnés par son père, guide de haute montagne, pour assurer notre sécurité.

Cependant, le vent était trop fort le matin du samedi et le téléphérique de l’Aiguille du Midi n’a jamais ouvert.

Notre plan consistait à monter le samedi, réaliser des images et passer la nuit au refuge des Cosmique afin de pouvoir également réaliser des images au coucher et au lever du soleil. Nous avons donc dû improviser un plan B.

C’est ainsi que nous sommes montés à la Flégère pour skier sur les pentes de l’Hôtel, une étape du Freeride World Tour. Le lendemain, nous avons enfin pu monter à l’Aiguille du Midi pour réaliser nos images sur le glacier et dans la Vallée Blanche.

Nous avons obtenu de belles images, mais il nous manquera des images avec les belles couleurs du lever et du coucher de soleil.

L'équipe Freeride devant la mer de glace
coulisse du tournage a la vallée blanche

Le Glacier Rond

Le Glacier Rond sera le dernier itinéraire de Yan pour ce film. C’est l’endroit que son père, Vivian et Sébastien ont choisi pour réaliser la descente de pente raide, avec la variante « des salopards » pour la fin.

Pour cette partie également, nous n’avons pas eu de chance car, à la base, l’idée était d’accompagner Vivian sur l’une des courses de sommets de 4000 m qu’il est en train de réaliser, mais la météo en a décidé autrement. En outre, le drone de Sébastien a cessé de fonctionner à mi-parcours, de sorte que toutes les images ont été prises avec des caméras GoPro embarquées.

Cela dit, l’itinéraire reste un grand classique de ski de pente raide et nous avons pu réaliser des images sublimes qui ont très bien fonctionné.

La Post Production du film de ski

La post-production s’est déroulée sur quatre mois, entre la fin avril et début septembre.
C’est dans cette phase que j’ai rencontré le plus de problèmes et que j’ai dû trouver le plus de solutions.

Étant mon premier film documentaire de ski, j’ai été confronté à de nouveaux problèmes que je n’avais pas rencontrés par le passé. Le plus grand problème a été celui du timing, car nous souhaitions présenter notre film dans différents festivals et les dates de dépôt se fermaient rapidement.

Par exemple, il était nécessaire de pouvoir proposer une première version dès le mois de juin pour certains films.

De plus, Juillet et Août étant des périodes de vacances, les intervenants sur le films étaient difficilement disponible ou déjà booké sur d’autres projets.

Voici donc les étapes de post production.

Le montage

Timeline du projet
Pour le montage du film, j’ai anticipé et créé des timelines de « de-Rush » avec tous les plans exploitables après chaque sortie. Cela m’a permis de gagner du temps, même si le processus restait long.

J’ai construit le film et l’ai amélioré après plusieurs échanges avec Yan. Enfin, j’ai soumis mon film à Maxime Moulin, un réalisateur expérimenté, qui m’a fourni quelques conseils pour améliorer le montage et l’histoire.

Je dois admettre que raconter l’histoire de manière intéressante pour le spectateur a été la partie la plus difficile. Il a fallu faire et défaire pour trouver un fil conducteur et lier ces trois disciplines. Pour cela, j’ai utilisé les interviews que j’ai réalisées avec les acteurs du film: Yan, Vivian, Stéphane et Fabien.

Enfin, une fois l’histoire bien ficelée, je me suis penché sur une partie ski alpin et une partie freeride bien monté pour montrer à la fois mes compétences de montage mais aussi pour sortir le spectateurs de la monotonie des discours. Bref, j’ai travaillé sur le rythme du documentaire.

La composition musicale

Tom vaylo joue du handpan en montagne

J’ai voulu apporter une touche d’originalité au film en composant une musique originale avec possibilité de faire du ciné-concert. Pour cela, j’ai décidé de travailler avec Tom Vaylo, pour qui j’avais récemment réalisé un clip vidéo et qui m’a impressionné par son talent et avec qui je me suis tout de suite entendu.

Cela a probablement été le travail le plus difficile à réaliser pour plusieurs raisons. D’une part, Tom était en tournée, nous avions donc un temps très limité. Ensuite, il devait travailler sur des versions qui changeaient et la créativité ne se commande pas. On ne peut pas demander à un artiste de créer sans arrêt, c’est impossible. Il faut attendre l’inspiration.

Nous nous sommes mutuellement tirés les cheveux et avons travaillé des nuits entières pour réussir. Mais le résultat final est au rendez-vous. La capacité d’écoute et d’adaptation de Tom a beaucoup aidé.

Le film est construit sur une seule musique de 19 minutes qui s’adapte au film, ce qui rend l’expérience de visionnage incroyable. C’est également possible de faire du ciné concert avec Tom qui joue la musique directement en Live.

Vous pouvez retrouver l’album de la B.O. du film sur les plateformes musicales, notamment ici.

Tom Joue la musique du film en live
Tom joue la musique du film en live

Live au High Five Festival (Annecy)

La calorimetrie et le sound design du film de ski

Deux étapes qui peuvent se dérouler (heureusement) en parallèle, nous avons travaillé avec Vincent Ricci pour la colorimétrie et Julien Chabbert pour le sound design.

Ce sont deux étapes super importantes que je n’avais jamais réalisées avec des pros car mes clients n’avaient jamais le budget pour cela.
L’avantage c’est qu’on a un œil extérieur qui vient se poser sur le projet, l’inconvénient c’est qu’à ce moment, on commence à en avoir marre du projet, il est donc difficile de rester concentrer.

En tout cas quel satisfaction de voir le film coloré et d’entendre le sound design dans le studio de Julien !

Après cela, il ne reste plus que la dernière étape… les Festivals.

La fin film de ski (interminable ?)

Nous avons enfin un produit final, une version finale, un master, appelez-le comme vous voulez, quel soulagement.

Mais ce n’est pas fini car pour postuler aux festivals, il faut également envoyer: un teaser, une affiche, des photos du projet et des formats DCP pour les cinémas.

Je me retrouve donc de nouveau dans le montage d’un teaser (que vous avez peut-être regardé au début de ce post), la réalisation d’affiches, pour laquelle Florian Monot nous a enlevé cette épine du pied, et enfin le casse-tête des DCP.

Pour les DCP, on peut les générer via un logiciel, mais comme on ne peut regarder le DCP que sur un écran de cinéma, à moins d’être propriétaire d’un cinéma avec un projectionniste, il est impossible de le contrôler.

Heureusement, un ami d’enfance est projectionniste et il a pu tester un morceau du film pour me confirmer que tout allait bien!

Nous avons donc pu postuler à différents festivals pour lesquels nous avons été sélectionnés et diffusés: le High Five Festival, le Festival international de Freeride, L’IF3, le Winter Film Festival, la Bonne Action, le Snow Vision Fest, etc.

Il ne reste plus qu’à aller voir le film dans tous ces festivals et à faire la promotion, on peut vraiment dire que cette fois c’est fini!

high five festival
Freeride film festival
IF3 Festival
Freeride film festival
Snowvision festival

Ou trouver le film

Vous pouvez retrouver le film en VOD en suivant ce lien car nous avons eu la chance de porter l’intérêt d’un distributeur de film qui le propose sur différentes plateformes.

Vous pouvez aussi voir la partie freeride du film sur ma chaîne youtube ou sur la page vidéo de mon site internet. Et comme je suis gentil, je vous mets aussi la vidéo YouTube de la partie freeride ci-dessous.

Dernier mots

La réalisation d’un film ou d’un court métrage de ce type, à savoir un projet personnel est très compliqué et demande énormément de moyens, de ressources et de motivation.

Pour vous donner un ordre d’idée, si on avait rémunéré correctement tout le monde qui a participé à ce projet, le film aurait coûté entre 15 et 20 000 euros.

Nous avons réalisé ce projet avec 8 000 euros.

Merci à Dynastar, Lange, Helly Hansen, Saint Gervais et Julbo qui nous ont soutenu dans la réalisation du projet, pour le reste, merci à tous ceux qui nous ont aidé et qui on donner de leur temps pour lui permettre de voir le jour.

Remerciements pour ce film de ski:

Participation : Vivian Bruchez, Stéphane Viallet, Fabien Rigole,
Cinematography : Ludovic Chauchaix, Kélian Chatellard | Sebastien Montaz | Maxime Aubry
Drone FPV Pilote: Stéphane Guigné
Musique : Tom Vaylo
Sound Design: Julien Chabbert
Colorimetrie : Vincent Ricci
Affiche : Florian Monot
Conseils et soutien : PVS Company, David Lacote et Maxime Moulin.